Le Centre de lutte contre l’oppression des genres est extrêmement alarmé par le nombre de féminicides au Québec. Selon SOS violence conjugale dix femmes ont été tuées par leurs partenaires depuis le début de l’année : ça veut dire une femme toutes les deux semaines. On condamne sans équivoque le meurtre des femmes. On ne peut ignorer que ces femmes – Tadjan’ah Desir, Mary Iqiquq Tukalak, Susana Rocha Cruz, Véronic Champagne, Sonia Maricela Gonzalez Vasquez, Danielle Lascelles, Katerine Alejandra Mejia Salinas, Hiba Elrhazi, Shannon Jean Hickey et une autre femme autochtone dont la famille nous a demandé de ne pas révéler le nom – sont en grande majorité des femmes racisées.
Ce qui rend le féminicide unique, c’est qu’il s’agit du meurtre intentionnel de femmes parce qu’elles sont des femmes, souvent motivé par la misogynie et souvent perpétré par des partenaires ou des membres de la famille proche. Ces féminicides sont exacerbés par la détérioration des conditions économiques et, dans notre contexte spécifique, par le démantèlement brutal et le retrait systématique des financements des services sociaux par le gouvernement provincial. De plus, la montée des sentiments fascistes au niveau mondial, parallèlement à la riposte antiféministe et à la misogynie effrénée, contribue à la réalité de ces féminicides.
D’innombrables études, des données en sciences sociales et notre propre expérience de première ligne démontrent l’interdépendance profonde entre la pauvreté, l’itinérance, le racisme, l’isolement et le féminicide. Une solution préconisée est l’augmentation du financement des hébergements de deuxième étape, car des études suggèrent que ces hébergements à plus long terme, où les besoins complexes sont pris en charge de manière plus approfondie, mènent à des résultats plus favorables quand il s’agit de femmes qui retournent dans des situations de violence. Cependant, selon une étude de 2024 du Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance, il n’existe au Québec aucun programme de financement spécifique pour les maisons d’hébergements de deuxième étape (MH2) à plus long terme destinés aux femmes et aux enfants. Au lieu de ça, les budgets gouvernementaux se basent sur des critères de logement social qui sous-estiment les besoins et les coûts des MH2 de deuxième étape. C’est inacceptable et ça doit changer.
Même si, franchement, on n’a aucun espoir en nos élus, on soutient la lettre ouverte rédigée par la co-porte-parole de Québec Solidaire, Ruba Ghazal, en particulier la demande visant à garantir un financement constant et adéquat aux maisons d’hébergements de deuxième étape et aux logements de transition afin de créer plus de places. Le Centre de lutte contre l’oppression des genres est profondément engagé envers sa communauté et continue de travailler pour offrir le soutien entre pairs et un espace accessible où toutes les personnes victimes de violence sexiste et basée sur le genre peuvent recevoir du soutien et des ressources. Nos pensées vont aux femmes et aux familles touchées par le féminicide cette année et chaque année dans le monde entier, où qu’elles se trouvent.
Pour faire un don, Le Regroupement et la Fédération des Maisons pour Femmes Victimes de Violence Conjugale cliquez sur ce lien. Suivez également les activités de la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie et leur campagne #LaProchaineEstEncoreEnVie.
